Meta | Que va changer le nouveau nom de Facebook ?

Mark Zuckerberg, le CEO de Facebook, a annoncé ce jeudi 28 octobre que la nouvelle dénomination sociale de l'entreprise serait Meta. Cette décision s'ancre dans une démarche visant à redorer l'image de l'entreprise et lui a permis de passer du statut de "réseau social malmené" à celui "d'innovateur technologique" en misant sur les interaction en ligne dans le "metaverse".

L'application Facebook, utilisée par près de 3 milliards de personnes dans le monde chaque mois, gardera son nom. Mais, lors de la conférence Connect sur la réalité virtuelle, M. Zuckerberg a déclaré qu'il était temps de remanier l'identité de la société pour refléter de plus larges ambitions.

"Il est temps pour nous d'adopter une nouvelle marque pour englober tout ce que nous faisons", a-t-il déclaré. "À partir de maintenant, nous allons être metaverse first, et non Facebook first".

Dix-sept ans après que Zuckerberg ai fondé Facebook dans son dortoir de l'université de Harvard, l'entreprise a été fortement affectée par une succession de crises : de l'ingérence russe dans l'élection présidentielle de 2016 (au USA) au scandale de la confidentialité des données de Cambridge Analytica, rendu public en 2018, en passant par les révélations du mois dernier de l'ancienne employée de Facebook devenue lanceuse d'alerte Frances Haugen.

Même après ces dernières polémiques, M. Zuckerberg n'a jamais cessé de se concentrer sur le métaverse, qu'il a décrit jeudi comme la nouvelle "Étoile polaire" de l'entreprise.

Selon lui, le métaverse est la prochaine grande plateforme numérique vers laquelle l'attention des gens - et des dollars - se déplacera dans les années à venir. Et il souhaite que la société, nouvellement baptisée Meta, joue un rôle de premier plan dans sa création et dans sa transformation.

"La création de nos applications sociales restera important pour nous. Mais pour l'instant, notre marque est étroitement liée à un produit unique, ce qui l'empêche de représenter tout ce que nous faisons aujourd'hui, sans parler de l'avenir", a déclaré M. Zuckerberg.

Mais au fait, qu'est-ce que le métaverse ?

M. Zuckerberg a annoncé le nouveau nom, Meta, lors d'une présentation sur le métaverse, un concept futuriste et vaguement défini qui est devenu un mot à la mode dans la Silicon Valley ces dernières années.

Le terme "métaverse" a été inventé par l'écrivain de science-fiction Neal Stephenson dans son roman Snow Crash, paru en 1992. Les passionnés l'utilisent pour désigner des espaces virtuels immersifs où les gens peuvent jouer à des jeux, assister à des concerts, rencontrer des collègues et acheter tous types de biens et de services numériques.

Facebook a fait la démonstration de plusieurs de ces expériences dans la vidéo de jeudi, habilement produite, montrant M. Zuckerberg chevauchant un hydroglisseur électrique en VR, faisant de l'escrime avec un hologramme et marchant dans un "espace personnel" en 3 dimensions.

Cette semaine, Facebook a déclaré aux investisseurs que les dépenses consacrées à la réalité virtuelle s'élèveront à 10 milliards de dollars. La société a également annoncé son intention d'embaucher 10 000 personnes en Europe au cours des cinq prochaines années pour construire le métaverse.

"Nous sommes pleinement engagés dans cette voie", a déclaré Zuckerberg. "C'est le prochain chapitre de notre travail et, nous le croyons, pour l'internet en général".

M. Zuckerberg a également consacré une partie de la présentation à souligner que l'entreprise mettra l'accent sur la confidentialité et la sécurité lors de la construction de ses nouveaux services et matériels virtuels.

"Les normes de confidentialité seront intégrées au métaverse dès le premier jour", a-t-il déclaré. "L'une des leçons que j'ai apprise au cours des cinq dernières années est que nous devons mettre l'accent sur ces principes dès le départ."

Le changement de nom pourrait être un tournant pour Facebook

Ce changement de nom ne s'ancre pas uniquement dans une démarche de rester à la pointe de la technologie, il s'agit également de pérenniser les activités de l'entreprise, qui dépendent de leur capacité à attirer des utilisateurs plus jeunes.

Les documents internes qui ont fait l'objet d'une fuite montrent que Facebook craint de perdre sa pertinence à mesure que sa base d'utilisateurs vieillit. Les personnes de moins de 30 ans passent moins de temps sur Facebook, postent moins et envoient moins de messages, selon un rapport interne préparé en mars et rapporté par Bloomberg.

Pendant ce temps, Instagram, que la société considère comme un pipeline pour les jeunes utilisateurs qui finiront par vieillir dans ses autres applications, perd des adolescents au profit d'autres plateformes de médias sociaux - un phénomène que la société a identifié comme une "menace existentielle", a rapporté le New York Times.

Lundi, M. Zuckerberg a déclaré aux investisseurs qu'il réorientait l'entreprise pour attirer davantage les jeunes adultes (âgés de 18 à 29 ans) plutôt que les personnes plus âgées qui constituaient jusqu'à présent leur cœur de métier. Il a cité des menaces, notamment l'application de vidéos courtes TikTok, qui, selon lui, est "l'un des concurrents les plus efficaces auxquels nous n’ayons jamais été confrontés".

Le grand remaniement de l'entreprise intervient alors que le Congrès Américain menace d'adopter des réglementations plus strictes sur l'industrie technologique, certains législateurs affirmant qu'elle est devenue si grande et si puissante qu'elle ressemble à Big Tobacco à son apogée.